Je m’appelle Dolores*. Je me suis mariée il n’y a même pas 2 ans. Après mon mariage, j’ai connu d’importantes violences psychologiques. Je me suis retrouvée dans une situation de dépendance et de surveillance, sans disposer de l’autonomie nécessaire pour me déplacer librement comme pour construire ma vie professionnelle et personnelle. Dès lors de nombreux problèmes ont rendu la vie conjugale très difficile avec l’interdiction de travailler qui me fut imposée et donc de l’absence de revenus personnels comme conjugaux stables et suffisants.
Je vivais avec mon mari qui a l’AAH. Sous ce prétexte la belle-mère ne cessait d’être présente. Mais en plus avec mon « époux » tout se décidait qu’entre eux, y compris les questions financières mais aussi même le cabinet gynécologique dans lequel je devais aller. Oui je reconnais que je fus élevée dans une famille très traditionnaliste comme lui, mais jamais je n’avais supposé une telle ampleur ni ce qui suit.
Plusieurs fois nous avons eu des discussions qui se terminaient en dispute en abordant ces problèmes.
Et je ne dis pas tout ce que j’ai subi parce du fait que j’étais son épouse je devais « totalement le satisfaire » comme cela me fut crié des dizaines de fois ; même parfois pendant mes menstruations. Maintes fois j’ai refusé, mais alors j’ai payé un « prix plus fort ». Ceux-ci se sont aggravés, jusqu’à un incident particulièrement grave au cours duquel il a tenté de m’étrangler. À la suite de cet incident, j’ai quitté le domicile conjugal, mais je n’avais aucun endroit où aller ni les ressources financières nécessaires pour être indépendant

J’ai squatté seule 2 jours dans la peur mais enfin « indépendante et libre de marcher ». Mais une nouvelle peur me hantait, celle d’être une proie facile et qui ne dormait quasiment plus et était totalement épuisée. Heureusement j’ai rencontré une artiste Pierrette* qui en me voyant pris pitié de moi et m’hébergea. Mais « mon époux et les siens » avaient fait le nécessaire pour tout le temps me surveiller comme mes entretiens téléphoniques qui étaient surtout familiaux. Ils ont trouvé l’immeuble (mais sans l’appartement) ou j’hébergeais ; cela provoqua une peur chez cette famille et en moi et de plus ils devaient partir en vacances. Heureusement, Pierrette* après avoir communiqué avec tout un réseau de personnes de confiance eut un appel de Pierre-Jean* de la CSF qui avait trouvé une connaissance sûre pour m’héberger.
Mais toujours très dépendante de l’autorité familiale c’est alors que j’ai contacté mon oncle (personne hyper traditionnaliste) habitant dans la même agglomération. Etant pris pour raison professionnelle loin de son logement immédiatement il m’indiqua d’aller chez un couple d’amis à lui ayant bien sûr les mêmes visions de la « vie, dont la vie conjugale comme les dits devoirs ». Un jour au téléphone il m’annonça qu’il allait me ramener au « domicile conjugal » et que je « devais présenter bien entendu des excuses etc… ». Alors j’ai vécu avec cette hantise accompagnée de cette question, que devais-je faire ? Ecouter mon oncle (l’autorité familiale comme cela me le fut tant martelé de mon enfance jusqu’à ce jour malgré mes 28 ans, chose que j’ai toujours appliquée ainsi durant toute ma vie)
Ou partir et désobéir mais à ma famille ? De plus je ne cessais de me dire mais chez qui je serai éventuellement si je pars, je ne connais pas cette personne OLIVIER* ? Hélas j’aie suivi les consignes / l’ordre de mon oncle d’aller chez son couple d’ami ; heureusement j’avais pu avoir une autre puce et garder contact en cachette de façon quotidienne avec Pierre-Jean* à qui j’ai bien entendu parlé de ma nouvelle situation et mes multitudes angoisses. Il ne cessa de me dire que je devais quitter cet enfer et ne pas retourner dans ce dernier pour ne pas continuer à « vivre » tout ce que j’avais déjà connu. Pour ce faire il mit un plan pour que je m’évade de ce monde. Après maintes hésitations un jour j’ai répondu oui à ce plan, l’évasion fut donc toute préparée pour le surlendemain. Depuis petit à petit je me « remets », le sommeil revient lentement et les cauchemars s’atténuent. Au total j’ai dû avoir, rien que sur l’aspect génital, un suivi qui a duré 3 mois ½ un traitement, d’analyses etc… Je vais devoir entamer maintenant le suivi psychologique. Et bien sûr les actions en justice.
Oui ma vie a bien changé, mais je sais qu’elle n’est pas encore « normale ». Cela n’aurait jamais pu se réaliser sans cette chaîne de solidarité avec des gens très divers que je n’oublierai jamais et qui ne se connaissaient pas au départ comme Pierrette*, Olivier*, ou Pierre-Jean* ainsi que d’autres personnes de La CSF.
Un bout de ma vie, moi DOLORES :
……………………………………………………………………..
* Les prénoms ont été changés volontairement.
La CSF fait un APPEL à la SOLIDARITE pour DOLORES qui a fui sans rien, sans logement, et doit se reconstruire comme ester en Justice.
Versez-s’il vous plaît, la somme qui vous est possible sur le compte spécial dressé pour la soutenir dans ces batailles. Ce don sera déductible de 66 % au niveau fiscal et vous recevrez de fait immédiatement une attestation de versement. Voici le compte :
https://www.helloasso.com/associations/la-csf-de-la-metropole-de-lyon-et-du-rhone/formulaires/4